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"Getting Lite" de Martine Barrat à la Maison Européenne de la Photographie 

(film de Martine Barrat 58mn, 2017) en présence de la réalisatrice
A la Maison Européenne de la Photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris 4ème

 

Martine Barrat a accompagné durant 2 ans la vie et le travail de jeunes danseurs dans le métro new-yorkais, alors qu'ils pratiquent leur art avec virtuosité au milieu des passagers.

 

Dans l’une de ses dernières lettres, dont l’une était destinée à Martine Barrat, le philosophe Gilles Deleuze lui confiait: « Il me faudrait encore toute une vie pour écrire sur tes photos ».

 

Danseuse et comédienne, Martine Barrat arrive à New York en 1968 après qu’Ellen Stewart l’eut invitée à se produire sur la scène du La MaMa Experimental Theatre Club, cette salle de l’East Side devenue légendaire sous sa direction. Bientôt, Ellen Stewart met une salle à la disposition de Martine et du Human Arts Ensemble, un groupe de jeunes musiciens afro-américains (dont le tromboniste Joseph Bowie) réunis par le batteur Charles « Bobo » Shaw, pour qu’ensemble ils y animent un atelier musique et vidéo visant en priorité des enfants des quartiers pauvres de la ville, notamment de Harlem.

 

Des gamins et des gamines que Martine va chercher elle-même en métro pour les guider jusqu’à cette terre inconnue qu’est pour eux le bas de la ville, avant de les ramener chez eux après des heures passées à apprivoiser la caméra vidéo de Martine. Une des toutes premières du genre, et un cadeau de  son ami Félix Guattari, qu’elle avait connu à Paris.

L’atelier, c’est bien, mais Martine a vite envie d’aller voir ailleurs, caméra sous le bas. Au fil de ses pérégrinations, et grâce à un incroyable don pour le contact humain, Martine Barrat commence en 1971 une extraordinaire aventure humaine et artistique avec deux gangs du South Bronx, les Roman Kings –plus les Roman  Queens-  et les Ghetto Brothers, dont le président deviendra –et est toujours- un de ses meilleurs amis. Avec ces garçons et ces filles dont les vies sont régies par l’implacable loi de la rue, on ne triche pas : ils savent très vite – c’est souvent pour eux une question de survie- s’ils peuvent ou non vous faire confiance.

 

Martine Barrat va gagner la leur avec une idée aussi simple que formidablement intelligente. Ma caméra, leur annonce-t-elle, sera aussi la vôtre. Je vous filme, mais vous vous filmez aussi vous-mêmes, et vous me filmez si ca vous chante. Chaque soir, ils regardent tous ensemble ce qui a été enregistré dans la journée, donnent leur avis sur ce qu’il leur paraît refléter au plus près leur réalité, ou ce qu’il faut éliminer. Ce travail collectif va durer six ans. Jusqu’au jour où Martine se fait voler sa caméra. Qu’à cela ne tienne: sans  rien lui dire, ses amis des gangs se cotisent pour lui offrir un magnifique appareil photo. Le destin de Martine Barrat vient de basculer. Et dès ce jour, elle commence à photographier les amis qu’elle s’est fait à Harlem grâce aux enfants de l’atelier de La MaMa.

 

Parallèlement, elle édite le matériel accumulé pendant ces six années avec les gangs du South Bronx. Le résultat ?  Une extraordinaire série de vidéos intitulée You Do The Crime, You Do The Time qui est projetée pour la première fois en 1978 à la Columbia University, puis au Whitney Museum de New York (elle y présente simultanément ses premiers travaux photographiques) où, en quelques jours, se presseront des milliers de personnes. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, la même  année, sa série obtient le prix du meilleur  documentaire au festival de Milan.

 

Dès lors, Martine Barrat photographiera inlassablement la vie à Harlem, mais aussi dans les îles des Caraïbes, notamment à Cuba, au Japon, au Brésil, ou encore dans quartier de la Goutte d’Or à Paris. « Son travail me paraît du plus haut intérêt, écrit Simone de Beauvoir dans une lettre, il aidera à faire tomber les barrières qui malheureusement se dressent contre les divers groupes humains. Et je la pense tout particulièrement qualifiée pour le mener à bien. »

 

Très proche du monde du jazz new-yorkais qu’elle a aussi beaucoup documenté, Martine Barrat aura compté parmi ses amis les plus chers -et jusqu’à son dernier jour-  l’immense Ornette Coleman, qui aimait tant donner lui-même des titres aux photos qu’elle avait faites d’autres grands musiciens comme David Murray, Elvin Jones, John Hicks, Ed Blackwell, Mongo Santamaria, Don Cherry, Joseph Bowie ou de son frère Lester.

 

En 1993, son livre Do or Die, magnifique regard sur le monde de la boxe new-yorkais, est publié aux Etats-Unis avec des préfaces signées par le cinéaste, compositeur photographe et écrivain Gordon Parks et Martin Scorsese. Martine Barrat aurait rêvé que Mohammed Ali accepte lui aussi d’écrire un texte pour ses images. Il n’a pas donné suite, mais lui a fait en retour ce qu’elle considère comme « le plus beau cadeau que j’aie jamais reçu comme photographe »; Mohammed Ali lui a renvoyé le jeu de photos qu’elle lui avait adressé en signant chacune d’entre elles à un endroit différent, tantôt au dessus de la tête d’un boxeur, tantôt sous les pieds d’un autre ou encore ailleurs.

 

En 2007, la grande exposition Harlem In My Heart à la Maison Européenne de la Photographie connaît succès public et critique. En cette année 2017, ses photos font partie de l’exposition « Hélio Oiticica: To Organize Delirium », au Whitney Museum de New York, première rétrospective aux Etats-Unis consacrée à cet artiste brésilien.

En ce mois de novembre, la voici de retour à la Maison Européenne de la Photographie avec une vidéo qui est le résultat de deux ans de collaborations avec de jeunes danseurs qui, faute de pouvoir montrer leur travail et leur talent ailleurs, ont choisi d’exercer leur art dans les wagons du métro new-yorkais.

Toujours pleine de projets, Martine Barrat envisage de publier dans les années qui viennent quatre livres regroupant ses photos sur les gangs du South Bronx, sur Harlem, sur ses voyages au Japon et sur le quartier de la Goutte d’Or.

 

Les photographies de Martine Barrat sont conservées dans les collections du Museum of Modern Art de New York, du Schomburg Center for Research in Black Culture, de la Lincoln Center Library, du Brooklyn Museum, du Museum of the City of New York, de la Maison Européenne de la Photographie et de la Bibliothèque Nationale de France. Elles comptent également parmi les collections personnelles d’Azzedine Alaïa (récemment disparu), de Yohji Yamamoto et d’Yves Saint Laurent, auquel Martine Barrat avait consacré un film, Woman is sweeter (1970).

 

A propos de l'artiste:

 

Martine Barrat est chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Elle est ou a été publiée dans de nombreux titres de presse, notamment dans Life, Die Zeit ou Libération.

Pour en savoir plus :

http://www.martinebarrat.com/

Afrikadaa, "You do the Crime, You do the Time. Une série de vidéos de Martine Barrat" May June July, 2015.

Le Sac du Semeur, The sound of my heart, 2017

https://lesacdusemeur.wordpress.com/the-sounds-of-my-heart/

Communiqué de Presse - Martine Barrat: Getting Lite
Communiqué de Presse - Martine Barrat -[...]
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